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Centre d'éducation

Études de cas

25 janvier 2022 - 10 min

Analyse du cycle de vie de l’usine de SOPREMA à Woodstock (Ontario)

Publié par Pierre-André Lebeuf

Image etude de cas

Analyse du cycle de vie de l’usine de SOPREMA à Woodstock (Ontario)

SOPREMA a achevé, en mai 2020, la construction de sa toute nouvelle usine de fabrication de produits d’étanchéité à Woodstock (Ontario). D’une superficie de 10 015 m2, le bâtiment est d’ailleurs certifié LEED v4.

L’équipe de conception, composée de SOPREMA et de Lemay, a considéré le cycle de vie du bâtiment dans le cadre du projet de construction, à la différence des autres usines implantées au Canada par l’entreprise jusqu’à présent. En plus d’aborder plusieurs enjeux environnementaux, l’approche a permis de respecter les exigences du crédit LEED « réduction de l’impact du cycle de vie du bâtiment » de la catégorie « Matériaux et ressources » (MR). De manière plus précise, cette exigence requiert qu’au moins trois indicateurs environnementaux d’une analyse du cycle de vie du bâtiment révèlent une réduction des impacts de plus de 10 % par rapport au bâtiment de référence [1]. Dans le cas présent, l’analyse du cycle de vie consiste à définir et à mesurer les atteintes environnementales du bâtiment tout au long de son cycle de vie, c’est-à-dire de l’extraction des matières premières jusqu’à sa fin de vie utile.

Lisez cette étude de cas pour en apprendre davantage sur l’analyse du cycle de vie et la réduction des impacts environnementaux relatifs aux matériaux composant l’usine de SOPREMA à Woodstock (Ontario).

Collaborateurs du projet

  • Client : SOPREMA
  • Architecte : LEMAY
  • Entrepreneur général : POMERLEAU
  • Ingénieur en structure : ELEMA
  • Expert en analyse du cycle de vie : GROUPE AGÉCO

Description du projet

  • Projet : Usine de SOPREMA – Woodstock (Ontario)
  • Localisation : Woodstock (Ontario)
  • Superficie totale : 10 015,25 m2
  • Durée de vie du bâtiment (modélisée) : 60 ans
  • Périmètre : Du berceau au tombeau, en excluant les énergies opérationnelles liées à l’étape d’utilisation
  • Portée de l’évaluation : Semelle et fondations, superstructure, planchers et plafonds structuraux, enveloppe, finitions intérieures et assemblages de toit
  • Unités : Métriques (SI)
Image Woodstock
Image Woodstock

Crédits photo : David Boyer Photographe

Paramètres de l’analyse du cycle de vie (ACV)

L’ACV englobe les impacts du bâtiment sur 60 ans et applique la logique « cradle to grave », c’est-à-dire dans le cas présent, qu’elle comprend les étapes de production des matériaux, de construction, d’utilisation et de fin de vie utile du bâtiment [2].

Périmètre du système (bâtiment) à l’étude

Tous les principaux flux de référence, c’est-à-dire la quantité de matériaux et de ressources nécessaires pour construire l’usine de SOPREMA, ont été considérés pour définir l’unité fonctionnelle. Outre les éléments figurant dans le prochain tableau, l’analyse exclut plusieurs éléments mentionnés ci-dessous, comme la consommation d’énergie liée à l’étape d’utilisation (B1)1.

Rappelons que l’ACV est axée sur l’impact des matériaux puisqu’elle visait principalement à répondre aux exigences de la certification LEED pour la catégorie « Matériaux et ressources » (MR). Il n’était donc pas requis de considérer les impacts liés à la consommation d’énergie au niveau de l’utilisation du bâtiment. N’étant pas abordé dans cette publication, cet élément incontournable a tout de même été analysé séparément pour répondre aux exigences du crédit LEED « Performance énergétique optimisée » de la catégorie « Énergie et atmosphère » (ÉA). 

Étapes considérées dans l’ACV de l’usine de SOPREMA
Production des matériaux2 Construction3 Utilisation4 Fin de vie utile5
(A1) Extraction et production des matières premières. (A4) Transport des matériaux sur le site. (B2) Travaux de maintenance. (C1) Démantèlement.
(A2) Transport des matières premières. (A5) Consommation d’énergie. (B3) Travaux de réparation. (C2) Transport des matières résiduelles.
(A3) Fabrication des matériaux. (B4) Remplacement des matériaux. (C3) Traitement des matières résiduelles.
(C4) Disposition des matières résiduelles.
Tableau 1

1 Exclusions : N’étant pas une exigence de la certification LEED pour la catégorie « Matériaux et ressources » (MR), l’ACV exclut la consommation d’électricité et de combustibles fossiles du bâtiment, l’excavation et l’aménagement du site, les matériaux de finitions intérieures non structuraux (cloisons et finitions intérieures), les matériaux de finition des planchers et des plafonds, les biens mobiliers, les équipements électroniques et mécaniques, les équipements de contrôle, les appareils de plomberie, les équipements de prévention des incendies, les ascenseurs, les systèmes de convoyage, le stationnement, etc. 

2 Production (A1-A3) : Cette étape comprend l’extraction et la transformation des matières premières nécessaires à la fabrication des matériaux de construction (par exemple, le béton, les sections et les plaques d’acier de construction, les barres d’armature, les membranes de toiture et les panneaux métalliques isolants). Le transport des matières premières jusqu’à l’installation de fabrication finale ainsi que la fabrication et l’assemblage des matériaux de construction finaux sont également comptabilisés.

3 Construction (A4-A5) : Cette étape comprend le transport par camion des matériaux de construction jusqu’au site du projet, le chauffage en hiver et l’utilisation des machines sur le chantier. L’excavation et l’aménagement du site ont été exclus.

4 Utilisation (B2-B4) : Cette étape comprend l’entretien et le remplacement des matériaux nécessaires pendant la durée de vie de 60 ans du bâtiment. La production des matériaux de remplacement ainsi que leur transport vers le site du projet sont attribués à cette étape. La consommation d’énergie liée à l’utilisation (A1) a été exclue.

5 Fin de vie (C1 à C4) : Cette étape comprend les processus de démolition, c’est-à-dire l’utilisation d’équipements de démolition ou de démantèlement utilisés à la fin de la vie utile du bâtiment.

Description du système (bâtiment) à l’étude

De manière à faciliter la comparaison des résultats, le bâtiment de référence est défini comme un bâtiment dont la conception est basée comme étant équivalente à l’usine de SOPREMA, mais qui est plus représentative des matériaux et des pratiques standards employés actuellement dans l’industrie. En d’autres mots, le bâtiment de référence correspond à un bâtiment (théorique) pour lequel les stratégies de réduction de l’empreinte environnementale n’auraient pas été déployées. Celui-ci constitue le paramètre de comparaison des impacts environnementaux qui ont été modélisés dans l’ACV de l’usine de SOPREMA.

  • L’unité fonctionnelle utilisée pour les deux bâtiments est la suivante :
    10 015,25 m2 de surface utile du bâtiment pendant 60 ans.
  • L’usine de SOPREMA et le bâtiment de référence (théorique) font tous deux référence à la construction d’une nouvelle usine de fabrication située à Woodstock en Ontario. Les deux bâtiments d’une superficie de 10 015,25 m2 comportent des espaces de bureaux, de fabrication et d’entreposage. Ils comportent aussi une structure en béton et en acier.

Les paramètres de calcul tiennent compte du contexte du bâtiment qui, dans le cas présent, est situé dans la province de l’Ontario au Canada. En ce sens, il faut savoir que le fait de tenir compte du contexte peut grandement influencer les résultats de l’ACV, notamment ceux relatifs aux impacts des sources d’énergie consommées. À titre d’exemple, la production d’électricité en Ontario est à 34 % d’origine renouvelable contre 66 % d’origine fossile [3].

Image Woodstock
Image Woodstock

Crédits photo : David Boyer Photographe

Brièvement, l’analyse englobe tous les matériaux et processus requis pour édifier les fondations, la superstructure, les planchers et les plafonds structurels, l’enveloppe, la finition intérieure et l’assemblage de la toiture du bâtiment. Autrement dit, cela signifie que les autres composantes du bâtiment qui ne sont pas mentionnées n’ont pas été considérées dans l’ACV.

Éléments du bâtiment considérés dans l’ACV de l’usine de SOPREMA
Catégories du bâtiment Exemples d’éléments inclus
Structure
(87 % de la masse totale des matériaux)
  • Semelle et fondation (béton et barre d’armature)
  • Isolant (SOPRA-XPS)
  • Membranes (TPO, COLPHENE et SOPRADRAIN 10G)
  • Dalle au rez-de-chaussée et 1er étage (béton + barre d’armature)
Superstructure
(6 % de la masse totale des matériaux)
  • Poutre et colonne en acier (types H-beam, U-beam et I-beam), profilé creux et tubulaire en acier (type HSS)
  • Plaque métallique pour assemblage
Enveloppe extérieure
(2 % de la masse totale des matériaux)
  • Panneau sandwich
  • Panneau de revêtement en aluminium
  • Vitrage
  • Montants métalliques
  • Pare-air et pare-vapeur (SOPRASEAL STICK)
Système de toiture
(1 % de la masse totale des matériaux)
  • Membrane de toiture (SOPRAVAP’R, SOPRASMART ou SOPRASTAR)
  • Isolant (SOPRA-ISO)
  • Toiture végétalisée (SOPRANATURE)
Construction intérieure
(4 % de la masse totale des matériaux)
  • Montants métalliques
  • Blocs de maçonnerie en béton
  • Panneau d’acier galvanisé
  • Isolant (fibre de verre ou fibre de roche)
  • Panneau de gypse

Description des paramètres de calculs et des catégories d’impacts

La modélisation a été effectuée à l’aide du logiciel de calcul SimaPro 8.4. La méthode d’évaluation des impacts choisie est TRACI v2.1, le tout en conformité avec les exigences des normes ISO 14 044/14 040 et EN15978. Plusieurs bases de données comme Ecoinvent et GaBi ont également été consultées pour appuyer les calculs.

Les six catégories d’impacts environnementaux considérées dans l’ACV du bâtiment sont brièvement énumérées ci-dessous. N’étant pas requises pour respecter les exigences des normes mentionnées, les autres catégories d’impacts environnementaux n’ont pas été considérées dans l’ACV.  

Catégories d’impacts environnementaux considérées dans l’ACV de l’usine de SOPREMA
Catégories d’impacts Exemples d’éléments inclus
Potentiel de réchauffement climatique
(kg d’équivalent CO2)
  • Fait référence à l’impact d’une augmentation de la température sur les tendances climatiques mondiales (par exemple, les inondations et les sécheresses graves ainsi que la fonte accélérée des glaciers) en raison de l’émission de gaz à effet de serre (GES) (par exemple, le dioxyde de carbone et le méthane provenant de la combustion de combustibles fossiles). Les émissions de GES contribuent à l’augmentation de l’absorption du rayonnement solaire à la surface de la Terre. Ces émissions sont exprimées en unités de kilogrammes d’équivalent de dioxyde de carbone (kg éq. CO2).
Potentiel de dégradation de la couche d’ozone stratosphérique
(kg d’équivalent CFC-11)
  • Fait référence au potentiel de réduction du niveau de la couche d’ozone stratosphérique dû à la libération de certaines molécules, comme les réfrigérants utilisés dans les systèmes de refroidissement (par exemple, les chlorofluorocarbones). Lorsque ces molécules réagissent avec l’ozone (O3), la concentration d’ozone dans la stratosphère diminue et n’est plus suffisante pour absorber le rayonnement ultraviolet (UV), ce qui peut entraîner des risques pour la santé humaine et l’environnement terrestre. La concentration des molécules liées à ce phénomène est exprimée en kilogrammes d’équivalent trichlorofluorométhane (kg éq. CFC-11).
Acidification des terres et des sources d’eau
(kg d’équivalent SO2)
  • Fait référence à la modification de l’acidité, c’est-à-dire la réduction du pH au niveau du sol et de l’eau due à l’activité humaine. De manière générale, l’augmentation des émissions de CO2 et d’autres polluants atmosphériques (par exemple, NOx et SO2) générés par les secteurs du transport et de la fabrication est l’une des principales causes de cette catégorie d’impact. L’acidification des terres et des eaux a des conséquences multiples comme la dégradation des écosystèmes aquatiques et terrestres, ce qui peut compromettre la vie de nombreuses espèces et la sécurité alimentaire. La concentration des gaz responsables de l’acidification est exprimée en kilogrammes d’équivalent de dioxyde de soufre (kg éq. SO2).
Potentiel d’eutrophisation
(kg d’équivalent N)
  • Fait référence au degré d’enrichissement d’un écosystème aquatique ou terrestre relatif à la libération de nutriments (par exemple, les nitrates et les phosphates) due à une activité naturelle ou humaine (par exemple, le rejet d’eaux usées dans les cours d’eau). Dans un milieu aquatique, cette activité se traduit par la croissance d’algues qui consomment l’oxygène dissous présent dans l’eau lorsqu’elles se dégradent et affectent ainsi les espèces sensibles à la concentration d’oxygène dissous. De plus, l’augmentation des nutriments dans les sols rend difficile la gestion par le milieu terrestre de l’excès de biomasse produite. La concentration de nutriments à l’origine de cet impact est exprimée en kilogrammes d’équivalent d’azote (kg éq. N).
Formation d’ozone troposphérique
(kg d’équivalent O3)
  • Fait référence aux émissions de polluants comme l’oxyde d’azote (NOx) et les composés organiques volatils (COV) dans l’atmosphère. Ils sont principalement générés par les véhicules à moteur, les centrales électriques et les installations industrielles. En réagissant avec la lumière du soleil, ces polluants créent du smog qui peut affecter la santé humaine et causer divers problèmes respiratoires. La concentration des polluants à l’origine du smog est exprimée en kilogrammes d’équivalent d’ozone (kg éq. O3).
Potentiel d’épuisement des ressources non renouvelables
(MJ éq.)
  • Fait référence à l’épuisement des ressources énergétiques non renouvelables pouvant être liées à l’utilisation de l’énergie provenant de ressources renouvelables (par exemple, le vent, le soleil et l’eau) et de ressources non renouvelables (par exemple, le gaz naturel, le charbon et le pétrole). La quantité d’énergie primaire utilisée est exprimée en mégajoules, sur la base du pouvoir calorifique net des ressources (MJ éq.).

Résultats de l’analyse du cycle de vie (ACV)

De manière à présenter la complexité du sujet, notamment lorsque vient le temps d’aborder les différents impacts analysés, les principaux résultats des indicateurs environnementaux abordés dans l’ACV sont présentés. Rappelons que la réduction correspond à l’écart mesuré entre le bâtiment proposé (l’usine de SOPREMA) et le bâtiment de référence (théorique).

Comparaison des résultats par catégorie d’impacts environnementaux

Dans l’ensemble, les résultats de l’ACV montrent globalement une réduction des impacts environnementaux pouvant varier de 6 % à 16 %. Les indicateurs relatifs au potentiel de réchauffement planétaire (12 %), au potentiel de déplétion de la couche d’ozone (12 %) et au potentiel d’eutrophisation (16 %) sont les résultats de l’ACV permettant de respecter les exigences de LEED v4, car la réduction est supérieure à 10 %.  

Au-delà de cette conformité, les résultats révèlent également une réduction moyenne des impacts environnementaux. Comme l’indique le tableau ci-dessous, cette réduction globale est en moyenne de 11 % comparativement au bâtiment de référence.

Comparaison des résultats par catégorie d’impacts environnementaux entre l’usine de SOPREMA et le bâtiment de référence (par m2)
Graphique

Proportion des résultats par catégorie d’impacts environnementaux

En excluant l’étape d’utilisation du bâtiment liée à la consommation d’énergie, les résultats figurant dans le graphique ci-dessous montrent qu’en moyenne, pour l’ensemble des catégories, les principaux impacts environnementaux sont attribuables à la production (64 %), au remplacement (8 %) et à la fin de vie utile (17 %) des matériaux. En moyenne, 89 % des impacts seraient attribuables aux matériaux.
Proportion des résultats par catégorie d’impacts environnementaux en fonction des étapes du cycle de vie de l’usine de SOPREMA (par m2)
Graphique
Image Woodstock
Image Woodstock

Crédits photo : Highlander Studios

Réduction du carbone intrinsèque

De manière à mieux vulgariser les impacts environnementaux relatifs aux composants et aux étapes du cycle de vie de l’usine de SOPREMA, par rapport au bâtiment de référence, le potentiel de réchauffement climatique (kg éq. CO2 /m2) est l’indicateur utilisé. Rappelons que celui-ci désigne l’impact des émissions de GES sur l’augmentation de la température à l’échelle climatique mondiale. Étant abordé sous l’angle du carbone intrinsèque dans le cas présent, le concept concerne les émissions de carbone issues de la fabrication, du transport, de l’installation, de l’utilisation et de la fin de vie des matériaux du bâtiment.

Comparaison de l’impact carbone en fonction des composants du bâtiment

Globalement, l’impact de l’usine de SOPREMA sur le potentiel de réchauffement climatique est 12 % plus faible que celui du bâtiment de référence. Comme l’indique le graphique ci-dessous, l’impact est équivalent pour la superstructure (0 %) alors que la réduction est significative pour la toiture (-17 %) ainsi que la fondation et la dalle sur le sol (-5 %). Néanmoins, la réduction la plus importante figure au niveau de l’enveloppe extérieure (-45 %).

Comparaison du potentiel de réchauffement climatique (kg éq. CO2/m2) en fonction des composants entre l’usine de SOPREMA et le bâtiment de référence

Ces résultats révèlent une réduction significative du potentiel de réchauffement climatique. Par rapport au bâtiment de référence, l’usine de SOPREMA permet d’éviter l’émission de 50 kg d’équivalent CO2 par m2. Cela correspond environ à 505 tonnes d’équivalent CO2 pour l’ensemble du bâtiment, soit l’équivalent du retrait de 153 véhicules des routes canadiennes annuellement.  

Au-delà de cette réduction, il est possible d’observer l’incidence des différents composants du bâtiment. Comme l’indique le prochain graphique, la portion de l’usine de SOPREMA correspondant à la fondation et la dalle de béton représente environ 45 % de l’impact carbone du bâtiment alors que la superstructure représente 31 %. Dans une plus faible mesure, apparaissent ensuite l’enveloppe extérieure (11 %), la toiture (10 %) et la construction intérieure (2 %).

Proportion du potentiel de réchauffement climatique (kg éq. CO2/m2) en fonction des composants entre l’usine de SOPREMA et le bâtiment de référence
Graphique

Comparaison de l’impact carbone en fonction des étapes du cycle de vie du bâtiment

Encore en comparaison avec le bâtiment de référence, le prochain graphique montre que, pour l’usine de SOPREMA, la réduction des principaux impacts est de 40 kg d’équivalent CO2 par m2 pour la production des matériaux et de 10 kg d’équivalent CO2 par m2 pour les autres étapes du cycle de vie. Cela signifie que 79 % de la réduction de l’impact carbone serait attribuable à la production des matériaux comparativement à 21 % pour les autres étapes du cycle de vie. Rappelons que les résultats excluent l’étape d’utilisation liée à la consommation d’énergie.

Comparaison du potentiel de réchauffement climatique (kg éq. CO2/m2) en fonction des étapes du cycle de vie entre l’usine de SOPREMA et le bâtiment de référence
Graphique

En nous appuyant sur le même graphique, il est possible de constater que la production des matériaux représente plus de 85 % de l’impact carbone de l’usine de SOPREMA. Par ordre d’importance, l’impact carbone attribuable au remplacement (7 %), au transport (4 %), à la fin de vie (3 %) des matériaux est largement plus faible. L’étape de construction, quant à elle, correspond à moins de 2 % de l’impact lié à cet indicateur.

Image Woodstock
Image Woodstock

Crédits photo: Highlander Studios

Initiatives au niveau de la conception du bâtiment

L’atteinte de ces résultats a été possible grâce à des choix stratégiques au niveau de la conception du bâtiment. L’augmentation du contenu recyclé dans les matériaux, l’optimisation dans le choix des matériaux, l’amélioration du design ou encore l’approvisionnement local sont des options qui ont été considérées dans le projet.

En nous appuyant sur l’indicateur relatif au potentiel de réchauffement climatique (kg éq. CO2/m2), la réduction de 12 %, abordée précédemment, est principalement attribuable aux choix relatifs aux panneaux sandwich (-4 %), à l’utilisation du béton (-3 %), à l’amélioration du design du bâtiment (-3 %), au système de toiture (-1 %) et aux cadres des fenêtres (-1 %). Voici un aperçu des actions déployées dans le projet par composant, cela en comparaison avec le bâtiment de référence.

Liste des initiatives contribuant à la réduction du potentiel de réchauffement climatique de l’usine de SOPREMA par rapport au bâtiment de référence
Composant Bâtiment de référence Usine de SOPREMA Justification de l’équivalence fonctionnelle entre les deux options
Panneau sandwich (-4 %) Panneau-sandwich en béton préfabriqué avec isolant en polyuréthane. Panneau-sandwich Kingspan composé d’un panneau isolant en polyuréthane entre deux feuilles de métal. Les deux assemblages ont la même résistance thermique et une durée de vie supérieure à 60 ans.
Amélioration du design (-3 %) Les quatre silos de matières premières sont intégrés à l’intérieur du bâtiment, ce qui nécessite davantage de panneaux-sandwichs et de membranes de toiture. Les quatre silos de matières premières sont installés à l’extérieur du bâtiment et sont isolés avec 1 015 kg de panneaux isolants supplémentaires.
  • Déplacement des silos à l’extérieur de l’usine.
La collaboration entre Lemay et SOPREMA a permis de réduire la quantité de matériaux de l’enveloppe extérieure et du toit en laissant certains silos à l’extérieur du bâtiment sans compromettre l’efficacité de l’usine.
Béton (-3 %) 3,500 m3 de béton conventionnel de 30 MPa provenant d’une usine nord-américaine (mix 22 de la DEP du CRMCA) [4]. 1,550 m3de béton de 30 et 25 Mpa provenant d’une usine nord-américaine contenant 30 % de laitier (mix 31 et 33 de la DEP du CRMCA) et 1 950 m3 de béton conventionnel de 30 Mpa (mix 22 de la DEP du CRMCA).
  • Intégration de cendres volantes (recyclées) dans le béton.
  • Sélection de fournisseurs locaux.
Même résistance à la compression et même durée de vie.
Système de toiture (-1 %) Membrane de toiture en bitume modifié (SBS base coat + top coat, selon la DEP [5], torch applied de ARMA) avec l’ajout d’un panneau de support en gypse. Assemblage SOPRASMART ISO HD 180 (modélisé selon la DEP spécifique de SOPREMA [6]).
  • Utilisation des produits à plus faible impact et comportant une DEP (par ex. : SOPRAVAP’R, SOPRASMART, SOPRASTAR et SOPRA-ISO).
  • Présence d’une toiture végétalisée de 420 m2.
Les deux assemblages seront remplacés au bout de 30 ans et sont installés avec le même panneau isolant de 150 mm d’épaisseur.
Cadre de fenêtre (-1 %) Cadre de fenêtre fabriqué par un manufacturier nord-américain. Cadre de fenêtre fabriqué par un manufacturier québécois dont l’aluminium est issu d’une aluminerie québécoise. Les deux cadres de fenêtre ont la même résistance thermique, la même fonction et la même durée de vie.
Tableau 4

Autres initiatives liées aux engagements de SOPREMA

Plusieurs autres initiatives ont été déployées et peuvent potentiellement avoir un impact positif sur l’environnement et la santé humaine. Cependant, l’incidence de plusieurs d’entre elles n’a pas été spécifiquement démontrée dans l’ACV. En guise de résumé, voici tout de même un aperçu des initiatives les plus marquantes en fonction des trois engagements de développement durable de SOPREMA au Canada.

  • Éclairage naturel optimisé avec la fenestration.
  • 100 % des bureaux avec des vues sur les aménagements paysagers.
  • Matériaux à faibles émissions de COV.
  • Plan de suivi de la qualité de l’air intérieur durant la construction.
  • Espaces de convivialité extérieurs pour les employés.
  • Gestion des eaux pluviales avec l’aménagement paysager et la toiture végétalisée.
  • 20 % de réduction de la consommation d’eau par rapport à un bâtiment comparable.
  • 88 % de recyclage des déchets de construction.
  • 100 % de toitures et des surfaces extérieures sont réfléchissantes ou végétalisées.
  • Politique de nettoyage écologique pour l’entretien ménager.
  • 12 % d’économie d’énergie par rapport à un bâtiment comparable.
  • 12 % de réduction de l’impact carbone par rapport à un bâtiment comparable (507 t. éq. CO2 évitées soit environ 107 voitures pendant un an.
  • Deux bornes de recharge pour véhicules électriques.
Image Woodstock
Image Woodstock

Crédits photo : Highlander Studios

Références

[1] U.S. Green Building Council [USGBC]. (2019). LEED v4 for Building design and construction.

[2] Groupe AGÉCO. (2018), Building Life-Cycle Impact Reduction Credit option 4. LCA OF SOPREMA’S PLANT.

[3] Canada Energy Regulator. (2021). Canada’s Renewable Power Landscape 2016 – Energy Market Analysis – Ontario.

[4] Canadian Ready-Mixed Concrete Association [CRMCA]. (2017). Ready-mixed concrete, Environmental Product Declaration (EPD).

[5] Asphalt Roofing Manufacturers Association (2018). SBS-Modified Bitumen Roofing Membrane, Torch Applied, Environmental Product Declaration (EPD).

[6] SOPREMA (2017). SBS-Modified Bitumen Roofing Membrane, Penalized, Environmental Product Declaration (EPD).