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17 août 2020 - 5 min

L’art de s’intégrer à l’environnement : le biomimétisme dans la construction de bâtiments

Publié par SOPREMA Experts

FAQ avec Jamie Dwyer

Le concept de biomimétisme gagne du terrain dans le secteur du bâtiment. Il consiste en une approche de création d’environnements bâtis avec des matériaux, des structures et des systèmes (par exemple, des toits) qui imitent et respectent leur environnement naturel.

Il va sans dire que le biomimétisme est un sujet approprié dans cette ère de préoccupation pour l’environnement. Dans les prochaines pages, Jamie Dwyer, directeur de la recherche et de la conception à Biomimicry 3.8, explique ce que signifie la construction de bâtiments « faisant partie de l’écosystème » et comment les constructeurs, les concepteurs, les fabricants et les fournisseurs de l’industrie peuvent y jouer un rôle.

Pourquoi devrions-nous considérer les bâtiments comme faisant partie d’un écosystème?

Le dictionnaire Oxford définit un écosystème comme une communauté biologique d’organismes en interaction ainsi que leur environnement physique. Donc, selon cette définition, les bâtiments font certainement partie de l’écosystème. Ils ont un effet sur l’environnement et les espèces qui les entourent, et à leur tour, cet environnement et ces espèces les affectent.

Qu’on le veuille ou non, nos bâtiments font partie du biome. Cependant, dans la majorité des cas, ils créent des problèmes environnementaux en réduisant l’habitat disponible dans nos villes, ce qui entraîne des problèmes comme les inondations et l’effet d’îlot de chaleur ainsi que des facteurs qui contribuent aux changements climatiques. Les villes ont besoin que leurs espaces construits fonctionnent comme des écosystèmes sains. Nous avons besoin que nos bâtiments permettent, par exemple de séquestrer le carbone, de gérer les eaux de crue, de nettoyer l’eau ou de purifier l’air. Nos bâtiments n’ont pas à émuler la nature, mais ils devraient au moins contribuer positivement à l’environnement.

Comment le biomimétisme influence-t-il le bâtiment?

Le biomimétisme peut inspirer des formes, des processus ou des systèmes. Évidemment, il peut influencer l’apparence globale d’un bâtiment, mais il peut également stimuler la conception des systèmes mécaniques, de l’aménagement paysager, de la structure ou de la façade. Le biomimétisme peut même guider les objectifs de performance des bâtiments. Elle peut orienter des idées de conception pour les bâtiments concernant la forme, le processus ou le système, et ce, à plusieurs échelles.

Pouvons-nous nous adapter aux changements climatiques en Amérique du nord en mettant l’accent sur le biomimétisme?

Selon moi, le biomimétisme est un processus utile de résilience pour lutter contre les changements climatiques dans le milieu bâti. Encore une fois, si les bâtiments peuvent avoir un effet positif, nous pouvons rendre nos villes plus résilientes face aux changements climatiques.

Quel serait le matériau parfait pour un bâtiment inspiré par la nature?

Parfois, il est possible de parvenir à de nombreuses solutions biomimétiques en se servant des matériaux actuels et de trouver des idées qui emploient les matériaux existants d’une nouvelle manière ou dans un but différent. Dans d’autres circonstances, il faudra créer un nouveau matériau pour pleinement concrétiser une idée innovante. Ainsi, le meilleur moyen de réaliser la conception est d’établir une collaboration entre l’équipe de conception et un fabricant.

Comment la communauté architecturale a-t-elle répondu à l’idée du biomimétisme? L’inclut-elle dans ses conceptions de rénovations et de nouvelles constructions?

Les architectes sont assurément intéressés par le biomimétisme. Biomimicry 3.8 mène des consultations en la matière avec des cabinets d’architecture depuis près de deux décennies pour aider les architectes à intégrer des stratégies de conception inspirée par la nature dans leurs projets. J’ai vu des architectes ajouter le biomimétisme à de nouvelles constructions ainsi qu’à des rénovations.

Les architectes et des constructeurs comme SOPREMA peuvent-ils collaborer pour innover?

En réinventant ce que les bâtiments devraient faire et la façon dont ils devraient fonctionner, les concepteurs trouvent de nouvelles manières d’utiliser les matériaux qui sont différentes de leurs fonctions d’origine. Les systèmes de toiture, d’étanchéité et de protection des murs sont ceux qui interagissent avec l’environnement et représentent donc un excellent point de départ pour l’évolution vers le biomimétisme.

Que pensez-vous de la certification living building challenge comme moyen de promouvoir le biomimétisme?

Biomimicry 3.8 travaille en collaboration avec l’International Living Future Institute. Le biomimétisme a été intégré au vocabulaire des exigences du Living Building Challenge et du Living Community Challenge à quelques reprises. L’objectif du Living Building Challenge s’inscrit certainement dans la lignée du travail de Biomimicry 3.8 dans l’environnement bâti.

Dans l’ensemble, comment décririez-vous le bâtiment de demain?

Je pense que la fonction du bâtiment de demain ne devrait pas être très différente de celle d’un écosystème sain. Nous avons une véritable occasion de changer l’intention qui se trouve derrière nos constructions. Nous pouvons les concevoir pour qu’elles soient plus que de beaux espaces ne servant qu’à nous protéger des éléments. En tant que concepteurs, nous avons la responsabilité de créer des bâtiments qui ont un impact positif sur les lieux où nous les érigeons.

Le biomimétisme est l’un des moyens utilisés par les collaborateurs de SOPREMA pour imaginer, concevoir et développer ses produits et ses systèmes. En s’inspirant de la nature, il devient plus facile de trouver des solutions durables pour transformer les bâtiments et les infrastructures situés dans leur environnement. Par exemple, les systèmes SOPRANATURE, qui intègrent la nature de façon permanente à l’environnement bâti, aideront à relever de nombreux défis de demain et à résoudre une multitude de problèmes actuels touchant à la fois les propriétaires de bâtiments et les collectivités.